AUX ENFANTS DE L\'AFRIQUE

AUX ENFANTS DE L\'AFRIQUE

Construire la solidarité et l'espoir chez les enfants et les jeunes en Afrique Naissance

Histoire

Construire la solidarité et l'espoir chez les enfants et les jeunes en Afrique

Naissance

«Notre action a eu un énorme succès, la participation était massive. On nous a vu à la télévision : cela a eu un grand impact. En réalité, ce défilé du 1° mai 1994 a été un détonateur, ça nous a donné du courage car on s’est rendu compte de nos capacités. Parallèlement, des contacts se sont noués avec nos camarades du Mali, de Côte d’Ivoire, du Bénin, etc. C’est ainsi que nous avons pu nous rendre à Bouaké».
Oumy Ndir, employée domestique (Sénégal)

«Nous avons travaillé de notre coté au centre EASEMO de Bouaké, les animateurs étaient à l’école des infirmiers. Un jour, nous avons posé la question de la participation à la fête du travail. Sophie a «répondu en expliquant les conditions de vie des enfants employées domestiques au Sénégal et leurs aspirations. Puis, chacun a fait ressortir quelques droits par rapport à son activité, à son pays. Moi, j’en ai fait ressortir deux, le droit à apprendre à lire et à écrire et celui à apprendre un métier.
Raphael Séry, Chargeur de Bagages, (Côte d’Ivoire) 


Extraits de Voix des enfants d’Afrique (livre élaboré par les EJT en 1998)
http://www.maejt.org/documents/OBJTS%20livre%20des%20enfants%20d%27afrique.htm

 

 

Le Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs s'est constitué en juillet 1994 à Bouaké sur la base des douze droits et d’un programme d’action que les enfants et jeunes se sont donnés à l’époque, tous en se promettant de se revoir un an après et de faire le point.

Des droits et des devoirs, évolution

Le MAEJT est avant tout un mouvement qui se mobilise pour construire les droits et donc améliorer la vie des enfants.

• Droit à apprendre à lire et à écrire 
• Droit à une formation pour apprendre un métier 
• Droit à rester au village (à ne pas "s'exoder") 
• Droit à exercer nos activités en toute sécurité 
• Droit à un travail léger et limité 
• Droit à des repos maladie
• Droit à être respecté
• Droit à être écouté
• Droit à s'amuser, à jouer 
• Droit à des soins de santé 
• Droit à s'exprimer et à s'organiser 
• Droit à un recours et à une justice équitable, en cas de problèmes.

En 1995, 18 villes étaient représentées à Bamako où les EJT ont eu la chance de rencontrer le président Alpha Oumar Konaré, qui les a encouragé à tenir dur, à persévérer et à être «l’orgueil de l’Afrique»

Outre leurs droits, les EJT venaient de définir leurs devoirs

·         Respecter et aimer notre travail

·         Se respecter soi-même,

·         Ecouter les aînés,

·         Etre assidu,

·         Rester franc,

·         Ne pas se prostituer

Puis vint la rencontre de Ouagadougou (1996) et la décision de participer au débat international sur le travail des enfants, avec les autres mouvements d’enfants travailleurs du monde. A Popenguine (1998), le Mouvement Ouest Africain devient Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs (MAEJT).

Les droits et devoirs sont au centre de ce mouvement qui prend en compte l’expérience de ces premières années. Les droits ne doivent pas être seulement proclamés, ils doivent être concrétisés par les associations d’Enfants et Jeunes Travailleurs (AEJT). Les Assemblées Générales périodiques étant l’occasion de vérifier leurs progrès dans chaque pays. A partir de Popenguine, aux douze droits s’ajoute le développement d’Activités Génératrices de Revenus (AGR). L’appui aux enfants en mobilité intervient quelques années plus tard.

En 2010, 84,3% des EJT ont répondu que depuis qu’ils participent au MAEJT, ils travaillent moins d’heures et moins dur.

Extension

Le MAEJT a grandi rapidement : du groupe original de 4 pays, il est en 2000 constitué de plus de 250 groupes, dans 44 villes de 16 pays. Il s’organise en Coordinations Nationales à partir de 2003. Puis en 2006, il passe le cap des 100 villes. 
Après 16 ans d’existence, il regroupe aujourd’hui (fin 2010) 396.346 membres et sympathisants dont 122.547 membres, regroupés en 2071 groupes de base fédérés dans 235 associations existantes dans autant de villes et villages de 22 pays africains. Ce sont 55% de filles et 72,7% d'enfants, tous travailleurs indépendants des rues et des marchés, des villes et des villages (filles domestiques, apprentis, vendeuses, agriculteurs, etc.).

C’est une solidarité qui s’étend petit à petit entre enfants des villages et des villes, au delà des frontières. C’est un espoir de réaliser, ici et maintenant, le rêve collectif de voir les droits et aspirations progresser.

Rayonnement

C’est d’abord à la base : dans les villes et villages, les AEJT rayonnent par de multiples actions de concrétisation des droits, d’alphabétisation, de négociation avec les structures de santé pour faciliter l’accès des EJT, d’interpellation des autorités sur les rafles et de délivrance de cartes de membres pour les éviter, de campagnes de reboisement, d’enregistrement des naissances, d’animation et de loisirs destinés aux enfants, de dénonciation de cas d’abus, de prévention de la mobilité des enfants, mais aussi d’appui aux enfants en mobilité. Dans la plupart des cas et avec beaucoup de patience, les EJT ont réussi à imposer leur existence et même à associer les parents, les autorités traditionnelles et officielles à leurs démarches, faisant d’eux, parfois, les portes parole de leurs messages.

Au niveau national : il s’agit d’informer sur un plan plus large et de s’imposer dans les médias avec succès mais non sans difficultés. Il s’agit aussi de concevoir des plans d’action, à portée plus large que la ville et de participer aux multiples coalitions avec et sans le gouvernement. Tout en continuant à faire le travail de base, dans les quartiers de la ville, il y a tout ce travail de relations à faire à une échelle beaucoup plus large. Heureusement, le mouvement compte des partenaires et amis, sur le plan local et chez les ONG et organisations internationales qui savent reconnaitre ses potentiels et lui facilitent la tâche, malgré les réticences culturelles qui demeurent fortes.

Au niveau africain et international : ses interventions sont fréquentes (voir chapitre sur le «lobbying international»). Du processus «d’un monde digne des enfants» en Afrique puis à New York, au comité d’experts de l’Union Africaine, à la discussion sur la mobilité des enfants dans le cadre de la CEDEAO, aux droits des «enfants de la rue» à la Commission des droits de l’homme à Genève, le MAEJT fait sa part, aidé en cela par ses amis participants au groupe régional sur «la mobilité des enfants» auquel il participe assidument : BIT, ENDA, OIM, Plan, Save the Children, Terre des Hommes, et UNICEF

 



22/10/2012
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